L’ancien commandant d’Africom encourage la lutte contre les pratiques de corruption et d’abus de pouvoir dans le secteur de la sécurité pour une mise en œuvre efficace de la ZLECAf.

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Washington, D.C. (Etats-Unis) 19 octobre 2019 : Pour assurer la mise en œuvre effective de l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les pays africains doivent s’attaquer aux pratiques de corruption et d’abus de pouvoir dans le secteur de la sécurité, car celles-ci pourraient entraver le commerce et augmenter son coût, a déclaré aujourd’hui à Washington D.C, le Général William Ward, ancien commandant du Commandement des Etats-Unis en Afrique (AFRICOM).

Animant la troisième conférence Babacar Ndiaye, organisée par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le Général Ward a expliqué que la corruption et les abus de pouvoir dans le secteur de la sécurité pourraient devenir des obstacles non tarifaires importants au commerce et au succès de la ZLECAf.

« La réforme du secteur de la sécurité, en particulier dans les pays qui connaissent des conflits ou de graves problèmes de sécurité, est un élément essentiel de la gestion des conflits, de la paix et de la sécurité et peut fournir un environnement sûr et stable pour la croissance politique et économique », a-t-il indiqué lors de la conférence.

Le Général Ward a également insisité sur l’importance du respect de l’état de droit dans la mise en œuvre de la ZLECAf, affirmant que cela encouragerait les commerçants et les investisseurs à s’engager dans le commerce transfrontalier sachant que les engagements juridiques pris par les pays seraient respectés et appliqués et que, si des difficultés surgissaient, ils auraient recours à des systèmes juridiques solides.

Il a recommandé des approches régionales pour le règlement des différends et la garantie de la qualité des marchandises échangées dans le cadre de la ZLECAf. « Sans de telles approches, les tensions pourraient s’intensifier et saper les efforts d’intégration, les commerçants ou les consommateurs se sentant lésés par des restrictions arbitraires ou par l’arrivée sur leurs marchés de sous-produits ou de produits risqués en provenance d’autres pays africains. Cela peut en effet conduire à des fermetures de frontières ou à une montée des tensions interétatiques, surtout si aucune voie de recours légale n’est prévue », a-t-il ajouté.

Le Général Ward a fait remarquer que les investissements internationaux en Afrique et la possibilité pour les économies africaines de se diversifier et de franchir la frontière technologique atténueraient certains problèmes de sécurité mondiale découlant de la migration alors que les populations recherchent des opportunités en dehors de la région.
«Les opportunités offertes par la ZLECAf, conjuguées aux investissements des partenaires de développement, pourraient faire passer les schémas de migration d’un régime dicté par des préoccupations de sécurité à un scénario régi par l’esprit d’entreprise, créant des opportunités de croissance pour les pays d’accueil», a expliqué le Général. Ward.

Il a décrit la sécurité et le développement comme les deux faces d’une même médaille ; ajoutant que des taux de croissance économique robustes et à long terme étaient nécessaires en vue de réduire les écarts de revenus entre l’Afrique et les économies avancées du monde.

Auparavant, le professeur Benedict Oramah, Président d’Afreximbank, a soutenu que, si l’Afrique n’était pas le théâtre de l’instabilité ni la source de l’incertitude mondiale actuelle, certaines parties du continent étaient l’épicentre de conflits et d’insécurité qui sapaient le commerce transfrontalier. Ces conflits étaient de plus en plus déclenchés par des dynamiques géopolitiques.

Il a soutenu que la compréhension des sources et des causes des conflits et de l’insécurité était donc essentielle pour créer un bouclier protecteur contre les crises et les épisodes de guerre qui ont amplifié la perception des risques en Afrique. Ces perceptions augmentent les coûts et compromettent les perspectives d’investissement à long terme et d’intégration régionale en Afrique.

Oramah a magnifié la vision de M. Babacar Ndiaye, qui a travaillé sans relâche afin de créer des institutions telles qu’Afreximbank, en tant qu’instruments stratégiques d’accéléreation du développement économique de l’Afrique.

« Environ 26 ans plus tard, la Banque africaine d’import-export — la Banque africaine de financement du commerce —est devenue un instrument important dans la quête du développement de l’Afrique et de son intégration effective dans l’économie mondiale, tel qu’envisagé par le Dr Ndiaye lorsqu’il a conçu l’idée », a dit avec satisfaction, le professeur Orama. Il a rappelé qu’Afreximbank intervient pour corriger les défaillances du marché, combler les lacunes du financement commercial lorsque les marchés paniquent, devenant par ailleurs, un partenaire privilégié des banques internationales prudentes face aux risques africains.

«Depuis sa création, Afreximbank a déboursé plus de 60 milliards de dollars pour soutenir le commerce africain et a attiré environ 70 milliards de dollars dans des secteurs stratégiques de l’économie africaine, en utilisant divers instruments », a laissé entendre le professeur Oramah. « Grâce aux efforts d’Afreximbank, de nombreux entrepreneurs africains sont maintenant en mesure de gagner et d’exécuter des projets majeurs du secteur public à travers le continent », s’est-il réjoui.

Leila Ndiaye, fille du Dr Ndiaye, a lu un discours en hommage à son père.

La série de conférences Babacar Ndiaye honore M. Ndiaye, qui a été président de la Banque africaine de développement de 1985 à 1995, pour ses nombreuses contributions importantes au développement économique de l’Afrique, en particulier son rôle crucial dans la création d’Afreximbank.

Ndiaye, décédé en juillet 2017, fut également à l’origine de la création de plusieurs autres institutions continentales, dont Shelter Afrique et la Table ronde des hommes d’affaires d’Afrique [African Business Roundtable]. Il a eu le mérite d’avoir favorisé l’émergence de nombreux jeunes entrepreneurs qui contribuent aujourd’hui à la construction de l’Afrique.

Environ 250 participants représentant des banques africaines et mondiales, des institutions de financement du développement, des milieux d’affaires, des milieux diplomatiques, des organes de décision, des universités, des ministères africains et non africains des finances, de l’économie et du développement, des banques centrales et des entreprises mondiales et africaines ont pris part à cet événement.

Le Général William Ward, ancien commandant du Commandement des Etats-Unis en Afrique (AFRICOM), animant la troisième conférence Babacar Ndiaye à Washington, DC.

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Contact média : Obi Emekekekwue (oemekekwue@afreximbank.com ; Tél. +202-2456-4238)

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À propos d’Afreximbank : La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) est la première institution financière multilatérale panafricaine dédiée au financement et à la promotion du commerce intra et extra-africain. La Banque a été créée en octobre 1993 par des gouvernements africains, des investisseurs privés et institutionnels africains et des investisseurs non africains. Ses deux documents constitutifs de base sont l’Accord d’établissement, qui lui confère le statut d’organisation internationale, et la Charte, qui régit sa structure et son fonctionnement. Depuis 1994, elle a approuvé des facilités de crédit de plus de 67 milliards de dollars US en faveur des entreprises africaines, dont 7,2 milliards de dollars US en 2018. Afreximbank avait un actif total de 13,4 milliards au 31 décembre 2018 et est notée BBB+ (GCR), Baa1 (Moody’s) et BBB- (Fitch). La Banque a son siège social au Caire, en Égypte. Pour de plus amples informations sur la banque, veuillez visiter : www.afreximbank.com