Tanger, Maroc, 10 avril 2026 — Les Institutions financières multilatérales africaines, les décideurs politiques, les partenaires au développement et les dirigeants du secteur privé ont appelé à des approches de financement plus coordonnées, innovantes et mieux structurées afin de soutenir la transformation numérique et technologique de l’Afrique.
C’est le message clé qui est ressorti d’une session de haut niveau qui s’est tenue le 1er avril en marge de la 58e session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique de la Commission économique pour l’Afrique, sur le thème « Financement de l’innovation : le rôle des institutions financières multilatérales africaines dans l’accélération de la transformation technologique et économique de l’Afrique ».
La session a réuni des hauts représentants des gouvernements, des institutions financières multilatérales africaines et des partenaires de développement afin d’examiner comment mobiliser des capitaux à long terme et abordables pour les infrastructures numériques, l’intelligence artificielle et les secteurs axés sur l’innovation — moteurs essentiels de la productivité, de la création d’emplois et de la transformation structurelle.
En dépit de l’expansion rapide de l’économie numérique en Afrique, les participants ont souligné que l’accès à un financement abordable et à long terme reste un obstacle majeur.
Le coût élevé du capital, le caractère limité des mécanismes de partage des risques, les risques de change et l’insuffisance des financements de démarrage continuent de freiner les investissements dans les infrastructures numériques et les écosystèmes d’innovation. Ces défis sont encore aggravés par des lacunes dans la préparation des projets et la disponibilité limitée d’opportunités d’investissement bancables.
En ouvrant la session, Hanan Morsy, Secrétaire exécutive adjointe (Programmes) et Economiste en chef à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, a souligné :
« Le défi de l’innovation en Afrique ne réside pas dans un manque d’idées, mais dans un manque de financements à long terme, abordables et bien structurés. Il sera essentiel de remédier à cette situation pour libérer la productivité, créer des emplois et favoriser la transformation structurelle à travers le continent ».
Les participants ont souligné la nécessité de remédier au décalage entre la disponibilité des capitaux et les investissements réels dans les secteurs axés sur l’innovation.
Haytham Elmaayergi, vice-président exécutif, en charge de Global Trade Bank, à la Banque africaine d’import-export, a fait remarquer :
« Le renforcement de la préparation des projets, l’amélioration du développement des portefeuilles de projets et l’approfondissement de la coordination interinstitutionnelle ont été identifiés comme des priorités essentielles pour débloquer des financements à grande échelle ».
Le renforcement de la préparation des projets, l’amélioration du développement du portefeuille de projets et l’approfondissement de la coordination entre les institutions ont été identifiés comme des priorités essentielles pour débloquer des financements à grande échelle..
Les participants ont également souligné la nécessité d’adapter les approches de financement par le biais de structures mixtes et de partage des risques, combinant garanties, conseil et mobilisation de capitaux afin de mieux correspondre aux profils risque-rendement des secteurs axés sur la technologie et l’innovation.
Deniran Aderogba, Président-directeur général de la Banque régionale de développement maritime, a déclaré :
« Dans le secteur technologique, le risque est plus difficile à structurer. Nous avons besoin de modèles de financement plus créatifs et de fonds dédiés pour soutenir l’innovation en phase de démarrage ».
La discussion a mis en lumière la nécessité d’un recours accru à des instruments financiers adaptés, notamment le financement mixte, les mécanismes de cofinancement et l’innovation dédiée, afin de soutenir l’ensemble du cycle de vie de l’innovation, du développement initial à la mise à l’échelle.
La session a également souligné que le financement de l’innovation doit aller de pair avec des investissements dans les infrastructures et les systèmes nécessaires.
Robert Lisinge, Directeur de la Technologie, de l’*Innovation, de la Connectivité et des Infrastructures à la CEA, a fait remarquer :
« La technologie et l’innovation ne se limitent pas au numérique. Nous parlons d’un écosystème plus large — englobant les infrastructures, l’énergie et les technologies émergentes — qui nécessite dans son ensemble des investissements considérables ».
Les participants ont souligné l’importance de renforcer les cadres réglementaires, les infrastructures numériques et les écosystèmes d’innovation afin de permettre des investissements évolutifs et durables.
La session s’est conclue par un appel pressant à dépasser les approches de financement traditionnelles pour s’orienter vers des solutions plus coordonnées et plus concrètes, capables de :
- Réduire les coûts de financement pour les secteurs du numérique et de l’innovation
- Développer les mécanismes de partage des risques et de cofinancement
- Renforcer la préparation des projets et le développement du portefeuille de projets
- Mobiliser des capitaux à long terme à grande échelle
- Renforcer la collaboration entre les institutions africaines et leurs partenaires
Organisée par l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines et ses partenaires, cette session s’inscrit dans le cadre des efforts continus visant à renforcer l’architecture financière de l’Afrique et à placer les institutions financières multilatérales africaines au cœur du financement de la transformation numérique et économique du continent.
À propos de l’Alliance des Institutions Financières Multilatérales Africaines (AAMFI) ou Africa Club :
L’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), également connue sous le nom d’ « Africa Club », est une alliance d’institutions financières multilatérales détenues et contrôlées par des Africains, créée pour défendre les intérêts de ses États membres dans le domaine de la finance mondiale et pour promouvoir des solutions africaines coordonnées aux défis du financement du développement.
Lancée le 17 février 2024 à Addis-Abeba, en Éthiopie, en marge du Sommet de l’Union africaine, l’AAMFI œuvre au renforcement de la collaboration, de la coopération et de la coordination entre ses membres afin de soutenir les objectifs de développement durable et d’intégration de l’Afrique.
L’AAMFI réunit des institutions financières africaines de premier plan, y compris la Société financière africaine (AFC), la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), le Groupe de la Banque pour le commerce et le développement (Groupe TDB), la Société africaine de réassurance (Africa Re), l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI), la Banque de développement Shelter Afrique (ShafDB), ZEP-RE (Compagnie de réassurance PTA), la Banque de développement de l’Afrique de l’Est (EADB), le Fonds africain de solidarité (ASF) et le Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA), ainsi que de nouveaux membres tels que la Banque régionale de développement maritime (RMDB) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
Ensemble, les membres de l’AAMFI disposent d’un bilan dépassant les 70 milliards de dollars US, fournissant des financements essentiels pour le commerce, les infrastructures et le développement à travers le continent.
Contact Presse :
Mme Senait Afework
Responsable de la communication et des programmes
Courriel : safework@aamfi.org